HERBORISTORY

LE PORTAIL DES PLANTES MÉDICINALES

Pré-antiquité

Pré-antiquité (2)

mardi, 09 juin 2015 00:51

Phytothérapie mésopotamienne

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Une très grande collection de tablettes à caractère médical a été retrouvée dans la bibliothèque de Ninive. Les archéologues ont retrouvé des manuels entiers dédiés à la pratique médicale (diagnostics, remèdes, symptômes…). Dans d’autres temples ou villes des tablettes de ce même type ont été mise à jour.

Les maladies portent le nom de "main de ...nom d’un dieu ». Par exemple, l’épilepsie porte le nom de « Main de Shamash ».

D’après les textes retrouvés nous pouvons apprécier les connaissances des mésopotamiens. Des tablettes présentant des diagnostics et des pronostics, des séries d’incantations et de rituels, des prescriptions et des recettes de baumes, onguents ont été retrouvées. Les autres sources concernant la médecine se trouvent dans les textes mythologiques, les textes de sagesse etc.

Magie et médecine sont très imbriquées en mésopotamie.

Il existait divers types de médecins dont l’ âšu et l’ âšipu, le premier étant un laïc et le second un religieux spécialisé dans la médecine et la magie incantatoire. D’ailleurs même quand l’exorciste n’était pas présent, il y avait toujours des prières à réciter avec le remède à prendre. Les Mésopotamiens utilisaient les plantes, les minéraux (sel, oxyde de cuivre, salpêtre, souffre, chaux), des animaux (lait, écaille, oeuf, crottes de chien, parties d’insectes..) pour se soigner.

Il faut remarquer l’ effort fourni pour compiler ces tablettes qui indiquaient le nom de la maladie, les symptômes et le remède. Nous pouvons voir ici les prémices d’une démarche scientifique : l’observation et une ébauche de sémiologie.

L’exemple le plus parlant de la littérature médicale est sans aucun doute le « traité akkadien des diagnostics et pronostics ». C’est une collection de 40 tablettes traitant de médecine. Nous y retrouvons des diagnostics, des descriptions de maladies, et la dernière partie est dédiée aux femmes et aux enfants. Une grande partie des documents concernant la médecine a été retrouvée à Ninive dans la bibliothèque d’Aššurbanipal (- 669 -629) au palais royal. Des tablettes plus anciennes (du XIIIème au VIIème siècle) ont été exhumées à Aššur.

Toutes les parties du corps sont décrites avec différents symptômes comme ici le visage :

  • "Si son visage laisse exsuder une (humeur) semblable à de l’huile : il guérira.
  • Si son visage est couvert d’une éruption rouge : sa maladie sera longue, mais il guérira.
  • Si son visage est couvert d’une éruption jaune : « main de Bêl » il guérira
  • Si son visage est couvert d’une éruption noire : il mourra"

La plus part des tablettes de médecine se présente sous la forme de liste de remèdes :

  • " Si l’estomac d’un homme est en feu, s’il ne peut supporter ni boisson ni nourriture, pile de la graine de tamaris, mêle à du miel et du beurre fondu, que le malade le mage et il guérira"
  • "Si un homme tousse, pour le guérir : de lolium et des rose sen poudres, tu feras une mixture qu’il absorbera dans de l’huile et du miel ; il boira un bouillon de porc. Quand il ira à la selle, allume un feu devant lui, il tournera son anus vers ce feu, et il guérira. "
  • "Si un homme est atteint de prolapsus du rectum, prends un lézard du désert, sèche-le et pile-le ; avec de l’ail fait-le bouillir, et qu’il absorbe. Mets un scorpion vivant dans l’huile et laisse-l’y trois jours ; avec ce liquide lotionne la partie malade. "

Nous avons également retrouvé des listes botaniques avec plus de 250 plantes répertoriées, malheureusement la plus part des noms sont intraduisibles dans nos langues. Certaines plantes ont été identifiées comme ail, le saule, le pavot, le cannabis, le cyprès, la racine de réglisse, thym,… Nous savons également que les racines, les écorces et les graines étaient utilisées.

"Ail : drogue pour soigner la constriction de la vessie : piler et boire dans de l’huile et de la bière. "

Les mésopotamiens avaient recours aux potions, aux pilules, aux suppositoires, fumigations, aux onguents, aux pansements, Ils utilisaient du lait, de la bière, des huiles, du vin, du beurre, du miel…

  • "Tu mélangeras de la graisse de coloquinte et de la farine de grains grillés. (Ayant fait) 14 pilules, tu les aspergeras de miel et il (le malade) les avalera. "
  • "Tu envelopperas ton doigt de démêlures de cheveux que tu imbiberas de miel, et tu frotteras jusqu’à ce que le sang sorte, puis tu mettras le suppositoire. "
  • " Tu sécheras sur des braises et tu pileras des noyaux de dattes, tu envelopperas la préparation dans une touffe de laine et tu l’introduiras dans son vagin. "

A noter également qu’ils pratiquaient la chirurgie . Apparemment l’opération de la cataracte était pratiquée, d’après le code d’Hammurabi "S’il (le médecin) a ouvert la taie de l’homme avec un poinçon de bronze, et a crevé l’oeil de l’homme, on lui coupera les mains".

Les médecins font partis de l’élite sociale, ce sont des lettrés, des savants. Le médecin âšu est un laïc qui ne s’occupe que de médecine. Il se déplace chez le malade munis d’un sac avec tout son matériel. C’est lui qui prépare ses potions, il cueille lui-même ses plantes.

En ce qui concerne la rétribution d’un médecin, le code d’Hammurabi nous donne des indications :
"Si un médecin a guéri un membre brisé d'un homme libre, et a fait revivre un viscère malade, le patient donnera au médecin cinq sicles d'argent. "

Il existe différents types de médecins, l’âšu est le clinicien, il y aussi le baru qui est un devin. C’est celui qui est capable de lire des présages dans la vie du malade, sa maison etc., et propose un diagnostic.

mardi, 09 juin 2015 00:38

Pré-antiquité

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Les origines de la phytothérapie remontent à la plus haute Antiquité, puisqu’on a retrouvé une tablette d'argile datant de 3000 ans avant J.-C portant le premier texte connu sur les propriétés médicinales des plantes.

On sait ainsi que les Sumériens utilisaient déjà le myrte, le chanvre, le thym et le saule en décoctions filtrées. 
Les civilisations de l'Égypte ancienne, les Grecs et les Romains se soignaient également avec des plantes.

En Europe, les plantes ont constitué l'essentiel de la pharmacopée jusqu'à la fin du XIXème siècle et n’ont été vraiment remplacées par les médicaments de synthèse qu’après la seconde guerre mondiale (il existaient près de 4 500 herboristes en France en 1941).

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"Il faut accepter de planter pour que d'autres récoltent ailleurs et plus tard."

[Bernard Werber] Extrait de La Révolution des fourmis