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L’homéopathie : qu’est-ce que c’est ?

Technique thérapeutique unique en son genre suscitant toujours beaucoup de controverse, l’homéopathie est pratiquée un peu partout dans le monde, tant par des médecins, des dentistes et des vétérinaires que par des naturopathes, des chiropraticiens, des praticiens de la médecine ayurvédique, et plusieurs autres professionnels de la santé. Toutefois, au Québec, seul l'homéopathe professionnel a une formation complète qui assure de sa compétence dans l'utilisation des principes fondamentaux de l'homéopathie.

Créée au début du XIXe siècle par Samuel Hahnemann, elle repose essentiellement sur :

La loi de similitude. Similia similibus curentur, le semblable guérit le semblable. Ce principe, qu’on fait remonter à Hippocrate, veut qu’une substance qui provoque un groupe de symptômes chez une personne en santé puisse guérir une personne malade chez qui se manifeste le même groupe de symptômes. C’est ce principe qui a donné son nom à l’homéopathie, des mots grecs homeo et pathos signifiant respectivement « similaire » et « maladie ou souffrance ».
Loi de l’individualisation. En homéopathie on soigne l’individu malade et non la maladie pour ce faire on recherche les symptômes les plus idiosyncrasiques chez une personne en tenant compte de tous les aspects qui la caractérise, physique, physiologique, mental, psychique, hérédité etc. On a besoin d’une image globale avec les symptômes uniques à l’individu.
Le procédé des hautes dilutions. La théorie homéopathique allègue que la dilution et la « dynamisation » d’un remède peuvent en potentialiser les effets curatifs. Les remèdes homéopathiques sont dilués plusieurs fois dans de l’eau ou dans un mélange d’eau et d’alcool, au point qu’on n’y trouve habituellement plus de trace chimique des molécules qui composaient la substance originale. Entre les dilutions successives, on administre au remède une série de secousses (appelées succussions dans le jargon des homéopathes) dans le but de le « dynamiser ». Cette dynamisation serait absolument essentielle à l’efficacité du produit.

Ni l’un ni l’autre de ces fondements n’a, à ce jour, recueilli l’assentiment de la communauté scientifique. La loi de similitude s’oppose à l’approche médicale classique qui, pour combattre la maladie, se base sur des médicaments dont le but est d’éliminer les symptômes ou de détruire les agresseurs. On donne par exemple un médicament qui fait tomber la fièvre lorsque la température du patient est jugée trop élevée, un antibiotique qui détruit les bactéries responsables d’une infection, un antiacide pour contrer l’hyperacidité gastrique, un hypotenseur pour corriger l’hypertension artérielle, etc. C’est ce qu’on nomme « l’allopathie », allo signifiant « différent ».

Quant au procédé des hautes dilutions, il va à contre-courant de la pharmacologie moderne qui se fonde sur l’activité biologique de molécules précises. Du point de vue du chimiste, tout effet thérapeutique est attribuable à des molécules spécifiques. Or, dans la majorité des préparations homéopathiques, on ne trouve plus ces molécules.

 Pour ce qui est de la loi d’individualisation, en médecine officielle allopathique on ne considère pas que le corps réagisse comme un tout on s’attarde plutôt à la fonction de chaque élément séparément. C’est une approche plus mécanique. L’homéopathie est une médecine holistique.

Par conséquent, il n’y a rien d’étonnant à ce que le sujet ait provoqué dans le passé - et provoque toujours - de très vifs débats parmi les scientifiques. Malgré cela, les remèdes homéopathiques sont utilisés pour soigner des malades depuis 200 ans et rien n’indique que la popularité de cette thérapeutique soit en déclin, ni auprès des professionnels de la santé qui y ont recours, ni auprès des patients qui la reçoivent.

La méthode homéopathique
L’homéopathie se base sur la prémisse que le corps possède en lui la force de générer un processus naturel de guérison. À partir de cette prémisse, Hahnemann soutenait qu’il importait plus de trouver les moyens de stimuler le processus naturel de guérison inhérent à tout organisme vivant que de connaître l'agent pathogène spécifique ou le nom de la maladie.

Ainsi, l’homéopathe s’efforce de découvrir minutieusement tous les symptômes du patient afin de déclencher ou de soutenir le processus de guérison correspondant. Le praticien cherchera donc à savoir quand et comment les symptômes se manifestent, ce qui les amplifie ou en diminue l’intensité, les heures où ils apparaissent, les actions qui les exacerbent ou les soulagent, etc.

Ainsi, 2 patients souffrant de la même maladie au sens de la médecine classique pourraient se voir prescrire des remèdes homéopathiques différents parce que leur mode de réaction diffère ou que leurs symptômes spécifiques ne sont pas les mêmes. Ils pourraient avoir le « même » rhume (même virus), mais pas les mêmes écoulements nasaux, par exemple. Les homéopathes disposent aujourd’hui de bases de données informatisées pour les aider à choisir les remèdes en fonction des innombrables combinaisons de symptômes et de constitutions de leurs patients.

Les dilutions
Une préparation homéopathique qui porte la mention 6X désigne un remède dans lequel l’extrait original a été dilué (généralement dans un mélange d’eau et d’alcool) dans une proportion de 10 pour 1 (d’où le X) à 6 reprises. C’est ce qu’on appelle une basse dilution ou une dilution décimale. À chaque étape (6 dans le cas présent), le mélange aura été dynamisé en lui imprimant 100 secousses. On trouve également des dilutions centésimales (proportion de 100 pour 1 à chaque dilution) qui sont désignées par la lettre C, et des dilutions « millisimales » portant la lettre M (1 000 pour 1). Ces 2 derniers types de préparation constituent des hautes dilutions.

On voit souvent la lettre H (pour Hahnemann) accolée aux symboles X, C ou M (par exemple, 30CH). Cela identifie les dilutions hahnemanniennes que nous venons de décrire. Certaines dilutions sont préparées suivant un procédé légèrement différent mis au point par un autre homéopathe contemporain d'Hahnemann, le Dr Korsakov. Les dilutions korsakoviennes sont généralement identifiées par un K.

En homéopathie, on estime que les remèdes préparés en haute dilution sont plus puissants que ceux qui sont préparés en basse dilution. Ils sont employés par les homéopathes professionnels et plus rarement utilisés en vente libre ou dans des complexes destinés directement au public. Une fois l’extrait dilué, il est présenté sous forme de comprimés, de granules (petites boules solubles, dont la base est généralement du sucrose, qu’on laisse fondre sous la langue) ou de solutions que l’on prend quelques gouttes à la fois. Pour les usages topiques, on trouve également des produits homéopathiques sous la forme de lotions ou d’onguents. Certaines préparations, comme des crèmes pour la peau, sont dites homéopathiques en ce sens qu’elles respectent le principe de similitude (le semblable guérit le semblable), mais elles ne sont pas nécessairement diluées. Elles peuvent contenir, par exemple, des teintures mères de plantes préparées selon une méthode propre à l'homéopathie.

Que dilue-t-on ?

Les produits souches utilisés pour fabriquer les médicaments homéopathiques peuvent être d’origine végétale, animale ou minérale. Parfois, la relation entre le produit et l’affection traitée paraît assez logique. Apis mellifica - du venin d’abeilles dilué - sert à traiter les piqûres d’insectes ou autres affections qui donnent des réactions semblables. De même, l’huile d’une plante, l’Arnica montana, qui était traditionnellement utilisée pour soigner les contusions et les entorses, retrouve un usage semblable en homéopathie.

Les remèdes homéopathiques produits sont conditionnés sous forme de Teintures-Mères, granules ou injections liquides sous-cutanées.

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